« L’implantation de TEKEVER est une étape décisive dans notre stratégie d’attractivité territoriale »
C’est la Communauté d’agglomération du Grand Cahors qui a été plébiscité par le groupe portugais, au moment de choisir le site d’implantation de sa nouvelle unité de production. Aurélien Massy, directeur du Développement, revient sur les raisons de cette décision et la dynamique territoriale dans lequel il s’inscrit.
Pouvez-nous nous présenter TEKEVER et nous en dire plus sur le site qui sera implanté à Cahors ?
TEKEVER est l’un des acteurs européens majeurs des systèmes autonomes, avec des drones utilisés autant pour la surveillance maritime que pour des missions civiles ou de défense. À Cahors, le groupe va créer un centre d’excellence industriel consacré à l’assemblage, l’intégration et les essais en vol de ses appareils, avec aussi une part d’activités liées au spatial. Le site s’appuie sur un bâtiment existant, le Parc des expositions, situé au cœur de la zone économique de Cahors Sud, et bénéficie d’un atout décisif : sa proximité immédiate de l’aérodrome, indispensable pour les essais en vol. L’entreprise prévoit un premier palier d’environ 45 à 50 emplois d’ici 2027, avec une montée en puissance qui pourrait atteindre une centaine de collaborateurs à moyen terme, comme sur leur site britannique.
Comment le contact s’est noué avec TEKEVER ? Qu’est ce qui a permis à la Communauté d’agglomération du Grand Cahors de faire la différence ?
Le contact avec TEKEVER a été établi lors des Journées Drones 2025 organisées par Aerospace Valley à Biscarrosse. Nous y faisions de la veille et y présentions nos atouts, notamment le foncier en bord de piste et l’aérodrome de Cahors Sud. En phase de recherche pour une implantation dans le Sud-ouest, l’échange a rapidement montré que leurs besoins opérationnels – un site industriel, un accès immédiat à une piste et un calendrier serré – pourraient trouver à Cahors une réponse directe et immédiatement opérationnelle. Déjà en lien avec l’agence AD’OCC de son côté, une première visite a ensuite été organisée de manière coordonnée. C’est à ce moment que le dossier a pris une nouvelle dimension : au-delà du foncier nu, nous avons pu proposer la reconversion du Parc des Expositions, un bâtiment immédiatement mobilisable et situé à trois minutes de l’aérodrome. TEKEVER s’y est projeté dès la première visite, car cette option répondait au critère majeur : la rapidité de mise en service. Le deuxième atout déterminant a été la possibilité de mener des essais en vol directement sur l’aérodrome voisin. Pour un fabricant de drones, c’est un élément stratégique qui réduit les temps logistiques et facilite l’industrialisation. Une fois la décision prise par TEKEVER, le territoire a su s’organiser pour tenir le calendrier annoncé. L’ensemble des services ont travaillé en mode projet pour en quelques mois répondre à l’ensemble des promesses et besoins exprimées par TEKEVER: déclassement et désaffectation du bâtiment, définition d’un montage juridique adapté, évolution du site pour un usage industriel, coordination du foncier et des aspects aéronautiques… Une mobilisation collective qui a permis d’avancer à un rythme rarement observé sur un projet de cette ampleur, en cohérence avec la culture de décision très agile de TEKEVER.

Le groupe portugais TEKEVER a choisi Cahors pour implanter son nouveau centre d’excellence dédié aux systèmes autonomes à usage dual.
En quoi cette implantation s’inscrit-elle dans la stratégie du territoire et dans la mission confiée aux équipes de Geolink Expansion ?
C’est une véritable confirmation de la trajectoire que nous avons engagée depuis plusieurs années. Le Grand Cahors travaille de longue date à réorienter son développement économique vers la production industrielle, l’innovation et les mobilités aériennes émergentes. L’aménagement de foncier en bord de piste et notre adhésion à Aerospace Valley allaient déjà dans ce sens : nous avions l’intuition que l’aéronautique légère, les drones et l’aviation décarbonée pouvaient ouvrir une nouvelle page industrielle pour le territoire. En parallèle de ce travail de fond, nous avons intégré les réseaux mais aussi renforcé notre présence sur des temps forts sectoriels pour exister dans un écosystème qui ne nous attendait pas. C’est dans ce cadre que la rencontre avec TEKEVER est devenue possible. La mission menée avec Geolink Expansion s’inscrit précisément dans cette dynamique. Elle nous aide à structurer notre stratégie, à mieux qualifier nos atouts, notamment le foncier aéronautique, et à identifier les filières où nous pouvons réellement nous positionner. Le travail consiste aussi à repenser notre façon de commercialiser le foncier, à imaginer d’autres montages, davantage alignés avec les besoins des industriels : mutualisation des parkings, réflexion sur le bâti disponible, différenciation entre foncier en bord de piste et foncier plus classique, etc. c’est aussi travailler un nouvel écosystème local. Avec l’implantation de TEKEVER, nous allons pouvoir entamer une nouvelle étape et travailler sur l’enrichissement de cet écosystème.
Pouvez-vous nous en dire plus sur l’enrichissement de l’écosystème que vous évoquez ?
L’arrivée de TEKEVER intervient à un moment où le territoire voit émerger plusieurs initiatives innovantes, encore modestes mais prometteuses. Certaines entreprises locales développent déjà des solutions technologiques pointues, et un projet de centre de métrologie de pointe est à l’étude. Mais c’est aussi un partenariat avec le CESA Drones de Nouvelle-Aquitaine, positionnant la plateforme de Cahors comme la première zone de tests d’envergure accessibles aux constructeurs de drones. Autant d’initiatives que nous souhaitons encourager et qui vont dans le bon sens en contribuant à renforcer un écosystème naissant. L’implantation de TEKEVER joue ici un rôle de catalyseur. Elle apporte de la visibilité, génère des besoins en compétences et en sous-traitance, et donne une cohérence nouvelle à des dynamiques jusque-là dispersées. Mais l’impact va au-delà de la seule filière aéronautique : un projet de cette ampleur irrigue aussi d’autres secteurs stratégiques du territoire. Il crée des effets d’entraînement sur les services aux entreprises, l’artisanat productif, la formation, l’accueil des familles, ou encore les activités liées à la transition écologique et à l’économie circulaire. Cela nous oblige – et c’est une bonne chose – à repenser notre manière de valoriser les zones d’activités, à adapter notre offre immobilière et à anticiper les besoins en compétences. TEKEVER ne vient pas seulement renforcer une filière : l’entreprise contribue à faire monter en gamme l’ensemble du tissu économique local.
Comment imaginez-vous cette filière dans cinq ans sur le territoire du Grand Cahors ?
Si la dynamique actuelle se confirme, nous pouvons raisonnablement imaginer une filière structurée autour de plusieurs maillons complémentaires : TEKEVER comme locomotive industrielle et technologique, des sous-traitants spécialisés, des entreprises innovantes positionnées sur des briques technologiques clés, et des structures de support technique comme un centre de métrologie ou un Fablab à vocation industrielle. Dans cinq ans, Cahors pourrait accueillir une dizaine d’entreprises liées aux systèmes autonomes, aux drones ou aux technologies associées, réparties entre la zone de Cahors Sud – qui offre le plus gros potentiel foncier – et des implantations plus urbaines pour les bureaux d’études ou l’ingénierie. L’aérodrome aura également un rôle accru, avec une activité d’essais plus régulière, et potentiellement des projets liés à l’aviation décarbonée ou aux nouvelles mobilités aériennes. Cette dynamique pourra aussi s’appuyer sur le développement de formations spécialisées, un enjeu clé pour accompagner la montée en puissance de la filière. Les échanges engagés avec les acteurs de l’emploi et de la formation montrent déjà un intérêt pour structurer des parcours adaptés, allant du geste industriel de précision à l’ingénierie plus avancée. De quoi faire émerger une filière cohérente, ancrée localement mais ouverte sur un marché européen en pleine expansion.





