[PAROLE D’EXPERT] « Réduire à la ville la transition vers une mobilité décarbonée serait un non-sens ! »

Spécialiste Industrie et Energie pour Geolink Expansion, Anton Frenzel accompagne les investisseurs étrangers et nationaux dans le cadre de leur implantation. Il est à ce titre un témoin privilégié des évolutions d’un secteur en plein développement porté notamment par la transition écologique et les enjeux autour de la mobilité. Dans le cadre de cet entretien, il revient notamment sur les attentes des investisseurs et les met en perspective avec l’offre et les besoins des territoires.

La transition énergétique est un axe majeur du plan de relance ‘France 2030’ initié par le Gouvernement. Quel rôle peuvent jouer et quels bénéfices peuvent en tirer les collectivités territoriales ?

Aujourd’hui, rares sont les territoires à ne pas s’être engagés dans un processus de transformation ou de transition écologique. A ce titre, le thème de l’énergie décarbonée s’impose comme un enjeu majeur pour les collectivités qui souhaitent réduire voire éliminer totalement leur empreinte carbone. On parle d’ailleurs moins aujourd’hui de production d’énergie, puisque rappelons-le, la production française d’énergie est décarbonée à 92, 5% que de problématique de transports et de mobilité : automobile, transport lourd, logistique du dernier kilomètre… Dès lors, la principale question qui nous anime consiste à savoir quelle forme d’énergie décarbonée est la plus adaptée à chaque type de mobilité qu’on raisonne ne termes d’efficacité énergétique ou de stockage d’énergie, par exemple. Il n’y a donc pas de réponse globale mais une péréquation avec les besoins locaux de chaque territoire qui, en fonction de ces derniers, développent des systèmes de production et de distribution d’énergie adaptés.

Anton Frenzel, spécialiste Industrie et Energie chez Geolink Expansion

Quelles sont les grandes tendances et quelles sont les réponses apportées par les territoires dans le domaine de l’énergie ?

Depuis plusieurs années, chaque territoire s’efforce d’augmenter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. En fonction de leur situation géographique, certains privilégient l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, marine ou encore l’énergie produite à partir de la biomasse. De manière générale, on observe cependant le développement d’installations de plus en plus conséquentes en termes de taille et de rendement. Parmi les énergies plébiscitées, on ne peut manquer d’évoquer l’éolien offshore qui permet de délocaliser la production d’énergie de la terre vers la mer et ainsi d’éviter un certain nombre de problématiques liées notamment aux aspects fonciers ou aux potentielles nuisance. Autre tendance majeure, le recours de plus en plus fréquent aux énergies renouvelables pour produire de l’hydrogène qui, aux yeux de nombreux experts, devient un vecteur d’énergie électrique idéal pour la mobilité dite lourde et qui rassemble train, bus, camions, bateaux, avions, etc. Un plébiscite lié notamment à sa capacité – via un électrolyseur hydrogène – à recueillir et stocker l’énergie produite lors des pics de production permettant ainsi de palier au caractère aléatoire de la production d’énergie par l’intermédiaire des énergies solaires ou éoliennes. L’hydrogène ainsi obtenu est plus connu sous le nom d’hydrogène vert car ni sa production, ni son utilisation n’émettent de CO2. Un procédé soutenu par les pouvoirs publics et mis en exergue par le Président Emmanuel Macron qui, dans le cadre du plan « France 2030 » a annoncé son ambition de faire de la France, le leader mondial de l’hydrogène vert. Cela passe notamment par des investissements dans la filière. Le Gouvernement a débloqué une enveloppe de 1,9 milliard d’euros.

Quels territoires sont parvenus à tirer leur épingle du jeu ? Cette stratégie dans le domaine énergétique est-elle en adéquation avec les attentes des investisseurs et des porteurs de projet ?

La relance des énergies renouvelables et les nouvelles formes d’énergie dans le secteur de la mobilité sont à l’origine de nombreux projets et d’investissements. Vélos, scooters ou trottinettes électriques, la notion de mobilité est en pleine évolution notamment dans les territoires urbains où les mobilités douces et alternatives sont en plein boom. Ils constituent dès lors un terrain de jeu idéal pour les société et startups qui contribuent à faire évoluer les infrastructures : points de location, points de recharge électriques, solutions d’interconnexion des utilisateurs… Réduire cependant la transition vers une mobilité décarbonée à la ville serait un non-sens. Le réseau routier, les autoroutes, les parkings, les centres commerciaux, les ports et les aéroports sont autant de cibles pour les chefs d’entreprise qui s’engagent à la transformation de la mobilité. Distribution d’hydrogène, biocarburants, points de recharge électrique haut débit, solutions digitales de gestion… les porteurs de projets ont avant tout besoin d’une mise en relation avec les autorités, administrations, syndicats mixtes et institutions, mais également avec les autres acteurs qui œuvrent pour une mobilité décarbonée.

Quel rôle peuvent jouer les collectivités locales dans cette démarche et comment peuvent-elles en tirer profit ?

Les futurs territoires « Zéro carbone » comme ceux qui se sont engagés à réduire drastiquement leurs émissions sont bien sûr des cibles de choix pour les entrepreneurs du secteur. La volonté de privilégier des véhicules sans émission, de créer des sites de production et des bassins de consommation d’hydrogène vert local comme le recours d’utiliser des solutions biomasse pour le transport public sont autant de facteurs susceptibles d’attirer investisseurs et porteurs de projet.  En parallèle, les utilisateurs de nouvelles formes d’énergie, entrepreneurs comme particuliers, seront amenés à comparer l’impact économique au regard des « solutions traditionnelles ». Un territoire qui réfléchit à un programme incitatif, sera dès lors en mesure de convaincre plus efficacement les investisseurs de se positionner.

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